vendredi 29 mars 2013

Ces derniers temps

*Ou le rendez-vous aléatoire*

Un classique : Le Comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas.

Un classique jamais ouvert...
Un pavé qui effraie, au premier abord.
Et puis ces pages qui se tournent, qui s'enchaînent, se délassent entre mes doigts. Des lignes qui défilent sous mes yeux avides. Mon cœur qui bat la chamade pour ce Dantès qui perd tout en quelques mots. Mon esprit qui s'embrase dans ces plans finement machiavéliques, et ma conscience, perdue, qui ne sait plus où se placer, ni comment juger...
Quatre semaines pour une lecture...
J'ai traîné, et savouré le temps passé avec un inconnu qui n'en sera désormais plus un...
Le Comte, maintenant, est un ami...
Un livre qui n'a pas pris une ride, un thème universel, un monde d'hier pas si différent du nôtre, un Homme que l'on est tous un peu... Coup de Coeur !


Du Théâtre : Cyrano Project, par La Face Nord Cie

La redécouverte d'un texte, de sa puissance, de son humour, de sa modernité, de sa folie.
Le coup de cœur pour cet acteur, Jérôme Sauvion, seul sur scène et contraint de jouer le texte d'Edmond de Rostand, de passer d'un personnage à l'autre, de trouver des subterfuges, de remplir l'espace, de se l'approprier, de faire avec, d'improviser, de bouger chanter crier jouer courir rire éclairer sonoriser mimer grimacer...

Des émotions en dents de scie, et quelques larmes finales pour le souvenir de la scène et l’énergie de l'acteur. Une relecture du texte de Cyrano le lendemain, pour l'apprécier de nouveau, le clamer et en rire...
Et la mémorisation de la "tirade des nez" , drôle à l'écrit et sublime sur scène !



Une Lecture en Cours : La vérité sur l'Affaire Harry Quebert, de Joël Dicker.

Ma supérieure, passionnée de lecture, me prête un livre, me dit l'avoir adoré alors que les enquêtes policières ne sont pas son fort, mais que "là ça vaut le coup, que c'est rempli de rebondissements en tout genre",  elle me paraît exaltée, me demande dès le lendemain si j'ai avancé...
Résultat : alors que j'ai un autre livre en cours, je fonce sur L'affaire Harry Quebert !
Page 100 : ça sent bon ! c'est bien mené, ça se dévore facilement, et en arrière plan, une critique d'une certaine société américaine se profile tranquillement...
... 
(En échange, voilà ma sup' repartie avec le Choeur des Femmes de Martin Winckler, que j'avais adoré !!) Future création d'un club de lecture au boulot?? :)


Un Son : Superpoze.

Un Son découvert lors du concert de C2C à La Halle Tony Garnier (*OMG cette salle est gigantesque ^^*)
Des souvenirs électro Bonobo-iesque (dont le dernier album arrive le 1er Avril et qui, à la première écoute, semble nous réserver de beaux voyages sonores...) et des morceaux tout en poésie downtempo... 

Les yeux fermés, le casque sur les oreilles, le soleil printanier (trop peu présent ces jours-ci) me réchauffant le dos, Superpoze m'emmène, tranquillement, dans les contrées pourtant chaleureuses de son Iceland Sound...





Pour une temps de pause... Pour un break sonore, une tranquille évasion.
Préférence pour les titres Transylvania et Iceland Sound (ci-dessous en écoute).




Je pourrais vous parler cuisine,  de Foie Gras faits maison et d'un Pounti trop bon, je pourrais vous dire que les ami(e)s y'a que ça de vrai, que la famille c'est parfois fatiguant mais finalement qu'est-ce qu'on l'aime,  qu'un nouveau boulot ça effraie mais que de bons collègues ça fait tout, que le temps passe vite, que Lyon change à vue d’œil, que la campagne manque, parfois, alors qu'on y retourne, pour se lover au coin du feu, que je me languis de l'été qui approche...

Mais restons-en là :)


Bon week-end de Pâques à tous !


samedi 16 février 2013

Parfums

*Ou fragrances atemporelles* 

"En dressant l'inventaire des parfums qui nous émeuvent - ce que j'ai fait pour moi, ce que chacun peut faire pour lui-même -, on voyage librement dans une vie. Le bagage est léger. On respire et on se laisse aller. Le temps n'existe plus : car c'est aussi cela la magie des parfums que de nous retirer du courant qui nous emporte, et nous donner l'illusion que nous sommes toujours ce que nous avons été, ou que nous fûmes ce que nous nous apprêtons à être. Alors la tête nous tourne délicieusement."

Éditions Stock.







Philippe Claudel.

J'ai rencontré votre plume il y a neuf ans, lorsqu'elle accompagnait ses Âmes Grises.
Mon Cantal natal était alors recouvert d'une ouate glaciale et de fin flocons s'y ajoutaient sans cesse, emmenant avec eux les derniers espoirs d'un redoux.
Mes pieds se délassaient près de la cheminée que mon père avait rassasiée quelques heures plus tôt, et mes yeux se tenaient là, fiévreux et prisonniers des pages tournantes.
Odeur grise du feu, imprégnant les mailles de mon pull, enveloppant la pièce et se délassant dans les mots de votre livre...
Il m'arrive encore, alors que je retourne chez mon père, quand les derniers jours de l'année s’égrainent et s'étirent inlassablement, semblant rire de notre impatience à voir, fous d'avenir, cette nouvelle année commencer, ; qu'au dehors les arbres nus se plient sous le vent d'Ailleurs et que mes yeux suivent les flammes enlacées dans l'insert, de retrouver la sensation de vos mots.
Je les ai gardés en moi.
Je m'en souviens.
...
Je vous avais retrouvé, plus tard, avec La Petite Fille de Monsieur Linh, mais mon esprit n'en garde pas un souvenir aussi vivace... Je crois que j'avais été déçue, simplement, et que l'étudiante que j'étais alors ne lisait plus beaucoup, aspirée par les dossiers universitaires et la fureur des demains.
Odeur d'humains, nombreux, trop peut-être pour la surface du petit appartement toulousain qu'était le mien, vestiges de fusain sur des feuilles égarées, âcreté de la peinture acrylique séchant sur un coin du bureau, vagues flottantes de fumée et vapeurs bienfaitrices des vins de Cahors, dont les bouteilles, comme le temps, semblaient filer sans que l'on s'en aperçoive.
Je m'en souviens.

Alors je vous ai abandonné pendant quelques temps.
Sans savoir vraiment pourquoi.
L'idée de relire Les Âmes Grises avait traversé plusieurs fois mon esprit. Curiosité.
Revivre un instant, une époque, sentir à nouveau ce froid si particulier et plus intense qu'aucun autre, retrouver les parfums du temps, pas toujours lointain mais perdu à jamais.
Mais avant que je puisse me décider, Parfums est apparu, magnifique et rassurant dans sa couverture Klimtienne _ "moment d'une quotidienne intimité"_ inventaire discret d'émotions, simplement.

Je l'ai ouvert, et vous ai retrouvé.

Je vous ai retrouvé dans les nombreuses bribes d'histoire, dans les commencements délicieux et les fins endeuillées, dans les parfums d'un"Autrefois"... Le vôtre, et le mien aussi.
Partition olfactive atemporelle.

J'ai tant aimé que vous citiez Baudelaire si souvent, et que sous vos mains "Les parfums, les couleurs et les sons se répondent"...Douces Correspondances. ... 
J'ai retrouvé la chaleur de mes moments Cantaliens dans vos Hiers Lorrains, et mon imagination a complété le tableau que vous aviez peint, a retravaillé le décor, greffé nos fabuleuses montagnes, enrichi vos Parfums des miens, celui des toits d'ardoise se prélassant dans le soleil sec de l'été, celui des vieux costumes que nous enfilions au théâtre, mélange entêtant de tragiques et clownesques personnages endossés au fil des années_parfums à plusieurs voix_ ; celui encore des sièges en skaï de nos vieilles michelines brinquebalantes... Inventaire infini...
Puis d'autres fragrances sont apparues au cours de ma lecture. Atemporels ceux-là, universels et parfois dérangeants, mais semblant présenter le réel de l'instant, clarifier les couleurs, démêler les sons...
"Brouillard", "Église", "Mort"...
Parfums de tous et de partout. Parfums acceptés, ou non. Parfums fuis parfois.

J'ai aimé parcourir le temps avec vous, Monsieur Claudel, retrouver de doux souvenirs cachés et découvrir les vôtres, jusqu'aux plus effrayants...
Enrobée par les senteurs enflantes du linge propre, à l'étroit dans ce trois-pièces et qui semblent vouloir s'ouvrir au monde lyonnais du dehors...
Réchauffée par l'odeur de ma cuisine qui, depuis quelques jours, s'amuse à enfiler les habits de la maison montargoise de ma grand-mère... Douces madeleines.

Dans les caprices de ces fragrances j'ai tourné les pages de votre livre...
Je m'en souviendrai...

Merci pour le voyage.


Rose

lundi 14 janvier 2013

En route pour 2013.

Voilà maintenant deux semaines que nous sommes en 2013, mais il n'est jamais trop tard pour publier un billet de "transition" !

Merci pour vos passages, vos messages et vos partages, j'espère que l'année qui vient vous sera douce, et que d'un point de vue livresque, elle n'ait de cesse de vous étonner.

J'avais envie de faire un petit bilan de cette année, mais promis, pas de grands chiffres ni d'envolées lyriques (quoique^^) : j'essaierai d'être brève !

65 livres lus (ce sera le seul chiffre, promis. De toute façon je n'en ai pas d'autres !)
65 c'est peu comparé à certains d'entre vous (comment faites-vous pour lire plus de 200 livres par an?? What are you?? )) mais c'est un rythme qui me convient plutôt bien, et qui me laisse le temps de rêvasser, de penser, et d'échanger...

Peu de coups de cœur, mais de qualité s'il vous plaît,  avec :
Iced de Karen-Marie Moning (she definitively is a goddess. Iced was just perfect...)
Parfums de Philippe Claudel (ou comment se retrouver dans une écriture, et repenser, paisiblement, à son enfance Cantalienne... Je vous en parle très bientôt.)
Miel & Vin de Myriam Chirousse (quelle magnifique histoire, et quelle belle écriture ! Merci Lily pour le conseil !)
Des Souris et des Hommes, de Steinbeck (comment ai-je pu ne pas lire Steinbeck avant cette année?? C'est atemporel, c'est dur et âpre, mais tellement juste...)
La Maîtresse de Rome de Kate Quinn (ou le coup de cœur inattendu !)

2012, ce sont aussi des séries d'urban fantasy qui m'ont parfois lassée (c'est toujoouuuuuuuuuurs pareil...), et d'autres que j'ai découvertes et qui m'ont enthousiasmée : Kate Daniels et Charley Davidson (ce qui fait la différence? Le ton, l'humour, le rythme).

Et puis à la rentrée dernière, ce fut le temps d'une avancée dans ma vie livresque : le passage au numérique et ma toute belle toute neuve liseuse (Walter...).
J'ai mis du temps à me décider, j'avais peur d'abandonner mes doux livres papiers... 

Et puis j'ai franchi le pas, j'ai aimé la facilité, le confort, et ne pas devoir acheter des versions papier pour quelques livres qui, d'une certaine manière, n'en valent pas la peine.
J'ai encore plus apprécié, ensuite, mes livres papiers, les grands formats bien lourds mais dont on sait qu'ils renferment une merveille, ceux qui parlent d'Art, qui ornent mes étagères de leurs couvertures flamboyantes, et les petits poches qu'on achète parfois sans trop y croire puis qui nous surprennent tellement qu'on leur trouve une place de choix, à côté des grands...
Ma bibliothèque ne désemplit pas, mais s'élague simplement.
Passage au numérique 2012 réussi !

Enfin, cette année a été, comme toujours, source d'échanges et de LCs aux messages interminables, de discussions nocturnes avec ma Parisienne (spécial big-up^^), de découvertes d'auteurs à l'humour décapent et d'ahurissement devant ces innombrables blogs...
Certains deviennent vite indispensables, d'autres s'effacent, d'autres encore m'interrogent (mais comment peut-on vouloir écrire sur les livres en langage texto-plein-de-fautes? Suis-je vieux-jeu, passée de date, out?), et puis quelques uns me font rire, heureusement !
Bref, la blogosphère littéraire est toujours là :)

J'essaierai donc, pour cette nouvelle année 2013, de continuer mon petit bout de chemin, de vous parler de mes coups de cœur (c'est là que je me sens le plus à mon aise, vous l'aurez compris !) et de suivre vos conseils lecture si ceux-ci correspondent à mes envies du moment...
Sans stress, sans obligation de publication et avec passion, of course !

Happy New Year, dear readers....


lundi 3 décembre 2012

Iced

*Ou LE livre de 2012*

"The year is 1 AWC—After the Wall Crash. The Fae are free and hunting us. It’s a war zone out there, and no two days are alike. I’m Dani O’Malley, the chaos-filled streets of Dublin are my home, and there’s no place I’d rather be. "
 
Dani “Mega” O’Malley plays by her own set of rules—and in a world overrun by Dark Fae, her biggest rule is: Do what it takes to survive. Possessing rare talents and the all-powerful Sword of Light, Dani is more than equipped for the task. In fact, she’s one of the rare humans who can defend themselves against the Unseelie. But now, amid the pandemonium, her greatest gifts have turned into serious liabilities..."


Editions Delacorte Press



 NO SPOILER !

Avant l'arrivée de Iced,  il y avait les doutes et la peur :
"Dani ne sera t-elle pas fade, excessive ou agaçante?"
"Focaliser notre attention sur d'autres personnages que Mac et Barrons sera t-il possible?"
"Dani a 14 ans? Et la partie romance, alors?"

Avant l'arrivée de Iced, il y avait les désirs et les attentes :
Roydan, Roydan, Roydan, Barrons, Barrons, Barrons...
De l'intrigue, comme sait si bien la mener Karen-Marie Moning.
Des coups de théâtre, de la surprise, des souffles coupés, des cœurs battants, des poils hérissés !

Avant l'arrivée de Iced, il y a eu les relectures de la saga Fever et des prises de conscience absurdes: 
Et si KMM avait atteint l'apothéose de son art, et qu'elle n'était plus capable de rebondir?
Et si Iced était tellement mauvais qu'il gâche notre amour de la série précédente?
Et si la magie n'opérait plus ?!

Puis Iced est arrivé le 30 octobre dernier...

Laissant de côté mon très bon livre en cours (rien ne résiste à Karen-Marie Moning), je prenais mon (tout-beau-tout-neuf) reader en main, rejoignais les copinautes dans une lecture commune (les romans de KMM : ça se partage!) et plongeais la tête la première dans le froid extatique de Iced.

Alors la lecture a commencé.
Neuf jours et 500 pages de plaisir, de questionnements, de mails, de couinements, de surprises, d'étonnement, d'amour, d'humour, de répliques cultes, de surlignage, de spéculations, de partage.
Neuf jours et 500 pages à tenter de poser des questions en n’élevant pas le voix à la fin !

"Roydan has the most infuriating way of asking questions without the proper inflection at the end. His voice doesn't rise at all".

 A s'attacher à cette gamine de 14 ans, à la trouver forte, sensible, drôle et culottée.

"And if you're thinking there might be a monster under your bed or in your closet, there probably is. Get up and check."

"Change is hard for most people. Not me. I love re-creating myself. Change means you get to choose again. Become something new."

A adorer Roydan au premier coup d'oeil.

 "Sloppy, Mega" I mutter. I still can't see. I wipe my bloody nose on my sleeve and reach out to feel what I Hit "That's my dick" Roydan says "

"He flashes a smile, white teeth gleaming in shadow. "I prefer war. The colors run more brillant ; food and drink are more rare, and the sweeter for it. People are so much more interesting. More alive."

A le trouver drôle, lui-aussi, mystérieux et diablement sexy (ça compte!)
Neuf jours et 500 pages à faire la connaissance de nouveaux personnages, à en voir d'autres évoluer, tristement...
A se poser des questions, à chercher des indices, à spéculer et échanger des théories avec les amies et à se dire que, de toute façon, KMM nous aura... Qu'elle est en train de nous mener à la baguette et de rire de nous, mais que, finalement, c'est ce qu'on adore chez elle !

Et puis, trop vite, les 500 pages sont passées sous nos yeux et à travers notre esprit avide.
La lecture a touché à sa fin...

Après Iced il y a eu le contentement d'avoir été surprise, encore, par une auteure que l'on admire.
Il y a eu la relecture de certains passages, et les discussions.
Et puis il a fallu passer à autre chose.
Après Iced, il y a eu quelques livres commencés, et vite refermés... Trop fades.
Après Iced, il y a eu de la romance paranormale avec la lecture des Highlanders... Mais KMM n'était pas, alors, l'auteure qu'elle est aujourd'hui.
Alors on tente de passer à autre chose...
Mais certaines petites choses se baladent encore dans les esprits ...

  "With Barrons you expect to get fucked up royally. With Roydan you don't see it coming".

Alors on laisse le temps au temps.
Après Iced, il y a une admiration sans borne pour l'auteure.
Et une perte totale d'objectivité !
Après Iced, il y a l'attente de Burned, et de Flayed...



Un grand grand merci à Angie... Elle sait pourquoi ! <3
Des pensées aux copinautes qui ont rendu cette lecture encore plus agréable... Melle Pointillés, Cecile, Julia, Sandy, Bella, Sab' et Pimpi ! (un clic sur leurs noms pour voir leur article)




Infos Pratiques :
-Le site de l'auteure.
-La Page Facebook de l'auteure.


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