lundi 12 décembre 2011

Un Noël Parfait...

Cet article a été écrit dans le cadre de la super idée de Marmotte : Le Calendrier de l'Avant des Livraddictiens.
Ainsi, chaque jour jusqu'à Noël, vous pouvez découvrir un article et un blog !
Le tout sur le thème de Noël, bien-sûr !
Le calendrier et ses participants sont dispos ici !

De mon côté, j'ai simplement tenté vous faire partager, par les mots, ce que signifient Noël, et réveillon, pour moi... Des souvenirs, en quelques sortes, de mes Noëls... Le plus souvent dans la simplicité et la convivialité...
Enfin, ce texte est, en lui-même, un petit calendrier de l'avant, puisque vous y trouverez, parfois, sur certains mots, des liens vers des articles, photos ou blogs que j'apprécie ! (tous genres confondus)



Les glaçons accrochés aux pierres de la maison grinçaient sous le vent.
Des gouttes d'eau s'en échappaient, paisiblement, dans un délicat "tic...tic...tic...toc.....tic....tic...toc..."
Un chat se pressa et se mit à l'abri, dans la maison voisine. 

En regardant  par la fenêtre, on ne distinguait plus que les ombres du frêne, qui dansaient dans la fin du jour.
On pouvait voir le froid s'infiltrer dans les écorces de l'arbre.
Sentir le vent le pousser vers l'obscurité.
Entendre la neige crisser et peser sur le frêle squelette de bois.

De gros flocons s’allongeaient paisiblement sur l'herbe, tapissant le paysage d'un drap soyeux... et blanc.
Des bourrasques, parfois, les renvoyaient dans l'air chargé de l'hiver.
Et la danse reprenait alors.
Ballet tantôt alangui, tantôt fou et puissant...

A l'intérieur, le feu de cheminée crépitait, envoyant vers les membres de la famile assis là, toute la chaleur dont il était capable.
Décorant la pièce d'une agréable chaleur.
Douceur du bois crépitant dans l'âtre.

Du four émanait une légère odeur sucrée.
Et du feu, au dessus, s’étendaient de longues vapeurs épicées.
La maison toute entière s'imprégnait de ces saveurs hivernales.
Poires, fruits secs, cannelle, vanille...

Aux poutres étaient accrochés guirlandes de houx, branchages en couronnes et rubans rappelant les bois flambant, juste là, dans la cheminée...
Et tout, du bois craquant dans le foyer, du silence du dehors et des senteurs enivrantes s'échappant des casseroles, participait au bonheur des membres de la famille assis tranquillement autour de l'âtre...
Bientôt ils passeraient à table et échangeraient un beau et bon repas.
Souriant, discutant, chantant et écoutant.
Partageant, simplement.
Et se laissant prendre dans le doux air de cette soirée et envelopper par la chaleur des sourires...

Le soleil se coucherait, laissant la nuit asseoir sa peau argentée sur les arbres alentours...
La neige continuerait de danser dans les ombres feuillues...
La fumée de la cheminée s’étalerait en volutes capricieuses dans le ciel assombri...
Les rires traverseraient encore les épais murs de pierre et baigneraient la plaine.

La Nature respirerait, encore et toujours.
Le Temps, tranquillement, arrêterait sa cadence effrénée...

Et alors, Minuit sonnerait...


Rose.




jeudi 24 novembre 2011

La chambre des Dames.

Ou : * Des vacances au Moyen-Age*

"Jamais le Moyen-Age n'avait inspiré un tel roman, chronique chaude et familière d'une famille vivant au XIIIeme siècle, dans le royaume de Saint Louis. Jeanne Bourin y conte l'existence quotidienne des Brunel, orfèvres à Paris, celle des femmes surtout et, particulièrement, de deux d'entre elles : Mathilde, la mère, trente-quatre ans, et Florie, sa fille, quinze ans, qui se marie. Tout semble tranquille, assuré. Rien ne l'est, car une folle passion et des événements dramatiques vont ravager la vie des Brunel. Si l'intrigue est imaginaire, la cadre historique, lui, ne l'est pas. Une documentation rigoureuse donne au moindre détail une authenticité que Régine Pernoud, éminente médiéviste, s'est plu à confirmer dans sa préface : les Brunel vivent sous nos yeux comme on vivait en ce XIIIeme siècle rayonnant où l'on mêlait gaillardement vie charnelle et vie spirituelle. Et bien des idées reçues se voient battues en brèche."

Éditions Le Livre de Poche.


Voilà maintenant plusieurs mois que j'ai achevé cette lecture, sans pour autant prendre le temps de vous en parler !
Je vais essayer de remédier à cela, même si certains détails m'ont, depuis, échappé...
Avant tout, il faut savoir que j'ai eu ma période "Moyen-Age", pendant l'été dernier, et qu'après la formidable découverte qu'a été Le Lit d'Aliénor de Mireille Calmel, j'avais envie de replonger dans les méandres de cette palpitante époque !
...
La Chambre des Dames de Jeanne Bourin s'est imposé de lui-même, et, alors, ce fut tout un monde qui s'ouvrait à moi.

Une famille d'abord : celle des Brunel.
Orfèvres à Paris, Etienne et Mathilde sont parents de six enfants : Arnauld, Bertrand, Florie, Clarence, Jeanne et Marie.
Jeanne Bourin, à travers ces personnages, nous livre le véritable quotidien de ces familles (aisées) de l'époque : des modes de transports aux toilettes des femmes :
"La chevelure brossée, nouée en chignon sur la nuque, enfermée dans une résille de soie, fut enfin protégée par un couvre-chef de lingerie tuyautée s'attachant sous le menton et enserrée, autour du front, par un cercle d'or ciselé."

; du monde professionnel aux mets présents sur la table :
"... langues de bœuf à la sauce verte, perdreaux au sucre, brochets au poivre, quartiers de chevreuil piqués de clous de girofle et cuits dans un bouillon de vin épicé, tartes au fromage, pâtés de pigeon, flans, crèmes, cresson pour se rafraîchir la bouche..." .

Rien ne passe sous silence, et tout est là pour que l'immersion soit totale !
A travers les mots de l'auteure, nous sentons les odeurs (pas toujours agréables d'ailleurs^^), ressentons les tissus précieux sur notre peau, voyons les couleurs des pièces d'Orfèvre, goûtons la poularde, les épices et le vin, et comprenons également les "valeurs" de l'époque.

Car à travers l'histoire de cette famille, ce sont les mœurs de ce XIIIème siècle que nous expose  Jeanne Bourin.
La présence (voire l'omniprésence) de la religion chrétienne d'abord, avec un Dieu qui se lie à tous les actes de nos "héros", qui est le juge de chaque décision, le prétexte, aussi, à des intentions, des gestes, des obligations... Nous suivons, alors, des personnages déchirés entre leurs pulsions 'humaines", et cette peur, toujours présente, d'un Enfer. Il est parfois même difficile d'accepter cette culpabilité qui angoisse les Hommes de l'époque à chacun de leurs actes...
Finalement, nous nous rendons compte que tout tourne, plus ou moins, autour de ce Dieu...
Les prénoms, les jeux de l'enfance, les études, le mariage, l'idée de fidélité, le désir, la séduction, le couple, puis la grossesse, le statut de parents, le travail...
Bref : la vie et, plus encore, la mort...

Bien plus important et présent dans ce roman que le Roi et la Reine, Dieu est le début de chaque chose et la présence de la fin...
Mais au lieu de nous présenter ce Dieu à chaque instant, après chaque mot, à la fin de chaque phrase, Jeanne Bourin ne fait que le souligner, le sous-entendre, le dessiner.
C'est davantage dans les actions des personnages que dans leurs paroles, que ce dernier se rend visible.
Et c'est toute la subtilité de ce récit...

Oui, à la place d'un texte de "thèse" qui pourrait très vite être redondant, long et, pour des novices comme moi, illisible ; Jeanne Bourin nous donne un récit accessible et prenant.
Au final, La Chambre des Dames est devenu un véritable cours d'Histoire, pour moi !!
Lisez alors ce livre lors d'un séjour à la campagne, où le dépaysement sera moins présent qu'en ville, et vous passerez des vacances au Moyen-Age !








Infos Pratiques :
- Le Livre sur le site des Éditions Livre de Poche.
- Le Livre sur Babélio
La fiche série sur Allociné

Ps : La chambre des Dames a été adapté en série TV en 1982. J'espère pouvoir très bientôt trouver cette adaptation pour pouvoir replonger dans cette histoire !! Si certains ont des liens à me donner, je suis preneuse ;)

Et, hop, j'en profite pour "caser" cette lecture dans le Challenge Moyen-Age de Hérisson !!




lundi 14 novembre 2011

GoodNight Tweetheart.

Ou : *coup de cœur pour une romance épistolaire contemporaine*


"Abigail Donovan has a lot of stuff she should be doing. Namely writing her next novel. A bestselling author who is still recovering from a near Pulitzer Prize win and the heady success that follows Oprah’s stamp of approval, she is stuck at Chapter Five and losing confidence daily. But when her publicist signs her up for a Twitter account, she’s intrigued. What’s all the fuss?

Taken under the wing of one of her Twitter followers, “MarkBaynard"—a quick witted, quick-typing professor on sabbatical—Abby finds it easy to put words out into the world 140 characters at a time. And once she gets a handle on tweets, retweets, direct messages, hashtags, and trends, she starts to feel unblocked in writing and in life. After all, why should she be spending hours in her apartment staring at her TweetDeck and fretting about her stalled career when Mark is out there traveling the world and living?
Or is he?"

Rose :  GoodNight Tweetheart m'avait été vivement conseillé par Angie il y a quelques temps : je me devais donc de découvrir cette petite perle !!
Rose : Et c'est en  (agréable, comme toujours) compagnie de Cecile et Pimpi que j'ai fait cette lecture.

Rose : L'histoire de GoodNight Tweetheart est contemporaine, et entièrement encrée dans notre temps.
Rose : Nous y suivons Abigail Donovan, écrivaine en manque d'inspiration dans l'écriture de son deuxième roman.
Rose : sur le point d'être "larguée" par sa maison d'édition et dont la vie sentimentale est vide depuis sa dernière relation.
Rose : Très vite, cette jeune femme, dans son côté "asocial", son pessimisme latent et ses angoisses familiales, s'avère vraiment attachante.
Rose : Oui, on s'attache à elle, et c'est avec le même air dubitatif qu'elle que nous suivons sa découverte d'un nouvel univers : celui de Twitter.
Rose : A travers ce nouvel univers, notre héroïne va découvrir un nouveau mode de communication et Mark Baynard, professeur en congés sabbatique.
Rose : S'instaurent alors de petits rendez-vous réguliers en moins de 140 caractères, que nous, lecteurs, dégustons comme de petits bonbons sucrés.
Rose : Et c'est un véritable régal de suivre ces échanges, qui s'avèrent bourrés de références à la culture pop contemporaine.
Rose : Références filmiques (une grande partie des films de notre époque y passent, Twilight y compris^^), Rose : littéraires, télévisuelles (Oprah y est présente comme un leitmotiv), peoples et politiques : tout y passe !
Rose : (Alors oui, nous, francophones, se comprenons pas toutes ces références, et ce n'est pas si grave. Au fond l'essentiel est là et Google aussi ^^)
Rose : Ces références atteignent leur paroxysme dans les derniers mots de ces échanges, chaque soir...
 
 " MarkBaynard : (Then I turn and walk away, the epitome of Steve McQueen cool, humming "Perfect Day" by Lou Reed while you gaze longingly after me.)
   Abby Donovan : Goodnight Sawyer (I call afeter you, admiring your carefully calculated slouch.)
   MarkBaynard : Goodnight Freckles (I toss over my shoulder.)
   Abby Donovan : Goodnight Hurly
   MarkBaynard : Goodnight Juliet
   Abby Donovan : Goodnight Dr. Jack
   MarlkBaynard : Goodnight Penny
   Abby Donovan : Goodnight Desmond
   MarkBaynard : Goodnight Sun.
   Abby Donovan : Goodnight Smoke Monster
   MarkBaynard : Goodnight Tweetheart... "

Rose : La première partie de ce roman est la plus lente, puisqu'elle sert la mise en place de cette relation entre les personnages.
Rose : Leur culture commune, la recherche d'un ton qui leur est propre, et les vies de chacun, mais, très vite, les choses prennent de l'ampleur.
Rose : et de la vitesse.
Rose : Dans les parties suivantes, quelque chose se met en place...
Rose : En 140 caractères, toujours.A travers "quelques guillemets", En MAJUSCULE parfois.
Rose : En trois petits points...
Rose : enfin, Abi et Mark tissent un lien, trouvent une écoute, rient ensemble, et nous emmènent avec eux en quelques mots.
Rose : ...
Rose : Puis les choses se compliquent entre nos deux héros des temps modernes.
Rose :Certains passages apparaissent tout à coup compliqués à lire, à suivre et à subir.
Rose : La gorge se serre.
Rose : Mais c'est ici que ce roman révèle sa puissance et son art...Dans son refus de tomber dans le pathos.
Rose : Dans le ton plein d'humour et de légèreté que l'auteure parvient à garder, malgré le thème,  puissant.
Rose : Dans le petit nombre de pages, qui empêche les détails d'être trop lourds...

Rose : Et dans cette fin... ouverte... Où chacun mettra ce qu'il veut...En majuscule ou non.
Rose : Mais toujours en moins de 140 caractères...

Rose : " GoodNight Tweetheart : une très belle surprise. Une douce romance sucrée et acidulée comme j'aimerais en trouver plus souvent !"

Rose : Avis de mes co-lectrices,  ici pour celui de Cess, et pour celui de Pimpi !!
Rose : Et un grand merci à Angie pour la découverte <3 !

MarkBaynard : It's a date then. (I gently cup your face in my hands and kiss you like the first time Sawyer kissed Kate on LOST.)
   MarkBaynard : Abby... are you still there?
   Abby Donovan : I do believe you've left me tweetless.
   MarkBaynard : Who knew that was even possible? GoodNight Mrs Huxtable."...





Infos Pratiques : 
-Le site de l'auteure
-Le Livre sur le site des Editions Simon & Schuster
-La Page Facebook du livre.



vendredi 28 octobre 2011

Warm Bodies, de Isaac Marion.

Ou : *rencontre avec un zombie romantique et philosophique*

"R" is a zombie. He has no name, no memories and no pulse, but he has dreams. He is a little different from his fellow Dead.
Amongst the ruins of an abandoned city, R meets a girl. Her name is Julie and she is the opposite of everything he knows - warm and bright and very much alive, she is a blast of colour in a dreary grey landscape. For reasons he can't understand, R chooses to save Julie instead of eating her, and a tense yet strangely tender relationship begins.
This has never happened before. It breaks the rules and defies logic, but R is no longer content with life in the grave. He wants to breathe again, he wants to live, and Julie wants to help him. But their grim, rotting world won't be changed without a fight... "

Editions Vintage Books.
Pour les non anglophones, vous pouvez désormais trouver ce roman chez Bragelonne. (cf la fiche du livre et son résumé en français ici )


Parfois, au cours de notre vie de lecteurs passionnés, arrivent entre nos mains de petites perles...
Warm Bodies, de Isaac Marion est l'une d'entre elles.
Une sorte de condensé de genres, d'idées, de tons et de références, le tout savamment orchestré, finement harmonisé, habilement tourné, et poétiquement pensé...

1.Prenez un livre de zombies (dont je ne suis habituellement pas friande^^) avec ses créatures rampantes, infectés par un virus et préfigurant, le plus souvent, une triste fin du monde.
                ¤ " Just the grey skin, the unpleasant smell, the dark circles under my eyes. I could almost pass for a Living man in need of a vacation" ¤

2.Prenez une des dystopies récentes, dans lesquelles vous avez erré, vous êtes battus, avez perdu espoir et parfois versé quelques larmes.
                ¤ "I can't do it any more, okay? It's a fucking lie. We think we're surviving in there but we're not"¤

3.Prenez votre roman d'amour favoris. Celui pour lequel votre cœur vibre et vos os tressaillent :
                ¤ " I look into Julie's face. Not just at it, but into it. Every pore, every freckle, every faint gossamer hair. And then the layers beneath them. The flesh and bones, the blood and brain, all the way down to the unknowable energy that swirls in her core, the life force, the soul, the fiery will that makes her more than meat, coursing through every cell and binding them together in millions to form her. Who is she, this girl? What is she? She is everything. Her body contains the history of the universe, remembered in pain, in joy and sadness, hate and hope and bad habits, every thought of God, past-present-futur, remembered, felt, and hoped for all at once." ¤

 4.Mélangez précautionneusement le tout.

 5.Ajoutez ensuite la poésie de Mr Isaac Marion, son talent d'écriture, sa maîtrise des mots, des résonances et son tact sanglant.

6. Saupoudrez de réflexions sur le temps, sur la mémoire (véritable leitmotiv de ce roman), sur l'esprit, le vivant et le non-vivant, sur la mort, sur les relations familiales et l'espoir, sur le conformisme et, en règle général, sur le monde contemporain.

7.Mettez John Lennon en arrière fond sonore.

Et alors vous visualiserez l'univers de Warm Bodies.
Cette ville fantôme, dans laquelle errent les âmes. Certaines grises, d'autres plus lumineuses.
Une ville passée.
Tentant de penser un présent.
Une ville de mémoire, dans laquelle rampent des êtres sans souvenirs...
Une poignée d'entre eux voulant simplement s'en forger.
Tentant de lever leur carcasse fatiguée.
Et de faire, peut-être, battre leur coeur...
A nouveau.
...
Warm Bodies, c'est ça.
Un ensemble d'éléments bien imbriqués et harmonisés qui nous propulsent à une ère pas si futuriste, nous faisant réfléchir quelques instants, et aimer aussi...

Alors oui, j'aurais aimé que les questionnements aillent plus loin, et n'aurais franchement pas dit non à 200 pages de plus de la même qualité.
Je crois qu'une histoire encore plus noire m'aurait plu, qu'une fin un chouilla plus travaillée m'aurait émerveillée...
Et alors, ça aurait été le coup de cœur.
Mais ne boudons pas notre plaisir : ce n'est pas si souvent qu'une petite perle de ce genre nous arrive entre les mains !! 








Comme pour tout succès romanesque américain (ou presque^^), une adaptation au cinéma est en route... J'en suis un peu effrayée, comme pour toutes les adaptations de roman au contexte et à l'imaginaire si particulier... Mais bon, le  film est réalisé par Jonathan Levine (réalisateur, entre autres, de la série How To Make It In America (je vous en avais parlé il y a un peu plus d'un an dans cet article ) et accueille, entre autres, John Malkovitch et Nicholas Hoult (mon acteur favoris des deux premières saisons de Skins) dans le rôle de R.
On est donc en droit d’espérer quelque chose de sympa, non?


Infos Pratiques :
- Le site de l'auteur.
- Un fansite américain plein d'infos sur le livre.
 -Le Livre en Version Française chez Bragelonne.


jeudi 27 octobre 2011

Le Clan des Ours.

Ou, en langage des cavernes : *grrrrrrrrhhh grrhh grrrhhh*

"Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s'achève et la Terre commence à se réchauffer.
Lentement, durant des millénaires, l'homme s'est peu à peu dégagé de la bête et il apparaît à peu près tel qu'il est aujourd'hui. Il connaît l'outil, le feu, le vêtement. Il fabrique des armes pour chasser, aménage des grottes pour s'abriter. Dans le chaos de la nature, il est parvenu à créer un peu d'harmonie.
En ces premiers temps du monde, Ayla, une fillette de cinq ans, échappe à un tremblement de terre et se sort des griffes d'un lion pour se réfugier auprès d'un clan étranger. On l'adopte. Très vite, les gestes et les paroles d'Ayla suscitent l'étonnement et l’inquiétude".
Edition Pocket.
Existe également aux Editions France Loisirs et Presse de la Cité.




Voilà un livre dont j'avais souvent entendu parler, mais qui, et je ne sais pas forcément pourquoi, ne m'avait jamais encore tentée...
Les hommes préhistoriques, ça ne me parlait pas...
Quant à l’Evolution, j'en connaissais les grandes lignes, et n'avais pas envie d'en savoir plus...
Bref, ce livre n'avait pas l'air d'être fait pour moi !
Et pourtant...
Pourtant, Le Clan de l'Ours des Cavernes a fini par arriver entre mes mains, et la curiosité l'a emporté.
...
Ils portaient des peaux de bêtes, et s'en faisaient souvent de véritables vêtements : chaussures, bonnet, manteau.
Ils communiquaient. Bien que non par la parole, ils se comprenaient, politiquaient, se séduisaient, échangeaient...
Ils chassaient, cueillaient, cuisinaient et priaient.
Ils arrivaient à penser leur passé et leur présent, bien que pas encore leur futur.
Ils étaient les hommes de Neandertal...

Là, arrive alors Ayla, petite fille différente.
Perdue, apeurée, et qu'un tremblement de terre semble avoir rendue orpheline...
Homo Sapiens, elle paraît, aux yeux de ce groupe, étrange et presque malfaisante.
Et ce sont ses pas à elle que nous suivrons alors.
Tantôt rejetée, tantôt adulée et presque adorée.
Et toujours pour les mêmes raisons :
Une peau, des cheveux, une stature qui effrayaient.
Des capacités (savoir nager, apprendre à chasser, vouloir parler, crier, pleurer...) qui n'étaient pas dignes d'une femme...
Et, sur ces questions, finalement, on comprend alors que ce roman est, non par son paysage, mais par son thème, une histoire contemporaine...
Et que certaines choses n'ont pas tant changé que cela...
Que la différence effraie encore.
Que dominants et dominés il y a toujours.
Et que l'évolution suit son cours...

J'ai aimé que ce livre mêle habilement, et de façon documentée, Histoire et fiction.
J'aime aimé qu'on ne trouve pas toujours la limite entre ces deux zones et qu'on se questionne.
Sur ce passé, lointain...
Sur l'avenir aussi...


Bref, j'ai passé, grâce à ce premier tome des Enfants de la Terre, un beau moment de plaisir, de science, de perception et de philosophie.
Peut-être m'a t-il manqué une carte et quelques schémas, pour accompagner ma lecture... Je les ai trouvé moi-même, mais j'aurais aimé qu'ils soient dans le livre, comme quelques notes qui nous permettraient de continuer l'histoire, en nous documentant...
Peut-être seront-ils dans les tomes suivants, que je lirai, c'est certain et, je l'espère avec mes comparses de cette lecture commune : Cess, Syl, et Melle Pointillés ! Merci les filles ;)
Vous pouvez retrouver ici le billet de Sylvie. 








Infos Pratiques :
-Site dédié à l'oeuvre de J.M Auel (bien fourni avec, entre autres, des cartes et informations sur le monde d'Ayla)
-Le Livre sur le site des Editions Presse de la Cité
-Le Livre sur le site des Editions Pocket
-Le Livre sur le site des Editions France Loisirs

dimanche 2 octobre 2011

La Belle Qui Porte Malheur...

Ou : *quelques larmes à la dernière page d'un livre...*

"San Francisco, mai 1851
Dans le saloon bruyant et enfumé bourré de chercheurs d’or, l’homme aux cheveux gris haussa la voix :
– J’ai quelque chose d’important à te demander...
Le jeune marin ouvrit bien grand ses oreilles.
– Es-tu capable de retrouver quelque chose à Paris ? demanda Garancher, fébrile, en lui mettant une main sur le bras. Et quelqu’un ?
– Ce que vous voulez, dit Martial Belleroche avec assurance. Et qui vous voulez.
– Alors je compte sur toi. Mais surtout, surtout... il faudra te méfier, fit Garancher d’une voix grave et lugubre sans s’expliquer davantage.
Il leva alors son verre et les deux hommes trinquèrent.
Paris, avril 1852
Fifi -Bout-d’Ficelle sourit au public et s’inclina. Tous les spectateurs sentirent leur coeur fondre. Tous sauf un.
Le piano et le violon jouèrent un prélude d’une grande intensité dramatique. Fifi salua gracieusement en tenant sa robe à deux mains. Quelques applaudissements éclatèrent encore, vite rembarrés par des « chuuut » impatients.
Et Fifi chanta la complainte de la fille qui portait malheur… "

Editions Matagot (collection Nouvel Angle).

Voici donc ma dernière lecture en date...
Le premier tome de la série (qui compte deux tomes) Rose-Aimée, de Béatrice Bottet.
Une petite merveille de poésie, d'Histoire et d'émotions.
Tout commence avec la rencontre de deux êtres que tout semble opposer...
Et Rose-Aimée, la solitaire et belle danseuse des nuits parisiennes, et Martial Belleroche, le marin fraîchement débarqué de San Francisco, vont rapidement forger cette histoire par leur personnalité, leur piquant, leurs peurs et leurs désirs, et nous emmener dans une histoire haute en rebondissements.

Ce qui nous embarque, dans un premier temps, c'est l'ambiance créee par Beatrice Bottet.
L'ambiance d'un  XIXeme siècle parisien, tantôt froid, dur et brumeux, tantôt musical, haut en couleurs et entraînant, tantôt doux, romantique et printanier...
L'auteure nous emmène avec elle, et alors toute cette époque nous saute aux yeux...
Le bruit des bottines de Rose-Aimée sur les pavés humides de la rue d'Allemagne.
Les bruyantes apostrophes de la mère Jousselin, alors que le Cabaret des Trois Anges Blancs retrouve son calme, au petit matin...
Le grincement des portes du couvent, les odeurs de Paris, les airs de piano et de violon, l'odeur de la soupe, la mélancolie, le spleen peut-être aussi...
Quel voyage !

C'est dans cette ambiance que nous découvrons les personnages...
Des hommes et femmes emplis de défauts (et quel plaisir de trouver, ici, des humains^^), des gens angoissés, naïfs, fourbes, violents, pervers, ou encore fous, mais des gens que la vie a forgés, malmenés, encrassés, et qui tentent, simplement, de trouver une place, si petite ou dangereuse soit-elle.
Nos deux héros principaux font partie de ceux-là.
De ceux qui cherchent quelque chose...
Un manuscrit d'abord, une âme-soeur ensuite.
De ceux qui ne sont pas parfaits et dont le caractère peut parfois agacer, mais humains simplement.


Enfin il y a cette part de romance.
Celle que parfois je trouve dégoulinante ou grossière mais qui, ici, est subtile et émouvante.
C'est elle qui nous fait tourner les pages finalement.
Et nous emmène, démunis, jusqu'à la dernière...

C'est alors que le besoin d'avoir le tome 2,  Le Marin Perdu dans la Brume, se fait sentir...


Un merci à Cess et Lily de m'avoir donné envie de découvrir Rose-Aimée !








Infos Pratiques :


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