mardi 22 juin 2010

Les fleurs du mal. Charles Baudelaire.

Parce qu'il y a des lectures qui marquent...

 Charles Baudelaire est venu me voir, par un long soir d'hiver.
Les Fleurs du Mal sont venues à moi alors que je piochais un livre dans la bibliothèque de mes parents.
Elles sont venues à moi et ne sont jamais reparties...

Voilà un moment déjà, que ma carcasse poisseuse ornait le néant.
Que mes peurs se peignaient sur les murs blancs.
Que les ombres glissaient vers moi, affolant les battements de mon âme.
Et que, tranquillement...
Paisiblement...
Les ténèbres prenaient mon souffle dans leurs entrailles animées.

...
Et le livre est tombé entre mes mains tremblantes.
J'ai frôlé, lentement, ces fleurs noires, suintantes...

Mes yeux ont suivi les lignes noircies, et mon cœur, amoureusement, s'est lié à ces mots.
Des mots qui semblaient résonner dans mon corps flétri, faisant siffler mes os.


Je me souviens avoir vu ces mots glacer la neige, au dehors... L'avoir rendu plus froide encore.
Je me souviens du noir profond de cette encre.
D'une nuit plus sombre.
D'une mort frôlant ma nuque de ses yeux rougeoyants.
Et d'ombres incertaines criant sur mes murs.

Bonheur.

C.Baudelaire me parlait.
M'expliquait le temps qui passe,
"Et l'obscur ennemi qui nous ronge le coeur,
Du sang que nous perdons croît et se fortifie!" (L'Ennemi)
La mort, encore et encore...
Mais celle qui fait vivre.
Celle qui s'insinue dans la plume ou le pinceau.
Celle qui emboîte nos pas, pour les rendre plus léger encore.
C. Baudelaire m'a conté l'histoire de l'Albatros et  m'a expliqué, alors que je tournais dans mon lit sans fond, que le monde n'est que Correspondances...
Et puis...
Et puis...
J'ai senti son Spleen, je l'ai touché, je l'ai aimé, je l'ai compris, tellement...
Il y avait, dans ces mots, l'univers tout entier.
L'humain.
Le temps.
L'espace.

Et l'inconnu, toujours.
...

C.Baudelaire m'a donné tout cela...
Alors que j'avais froid, par un long soir d'hiver.

Et Les Fleurs du Mal ne m'ont pas réchauffée, non.
Elles m'ont fait sentir le froid plus profondément encore.
Mais quel bonheur ça a été.
Sentir le froid est une extase, avec Baudelaire à vos côtés.
Parce qu'alors vous vous sentez vivant.


...

2 commentaires:

  1. Très très bel article, l'absence de commentaires sur celui-ci me surprend !
    J'ai découvert Les Fleurs du Mal au lycée, j'ai aimé aussi, beaucoup, et j'ai toujours voulu garder ce livre à portée de main, pour grapiller, même si cela fait longtemps que je ne l'ai pas fait, et je n'ai jamais lu en entier au final. Ton article me donne envie de m'y replonger !

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  2. Merci beaucoup Mel !!
    (j'ai remarqué qu'il y avait très peu, voir pas du tout, de commentaires sur mes articles plus "poétiques"... (je me demande encore pourquoi !! lol)
    En tout cas, oui, Les Fleurs du Mal sont un livre que l'on a envie d'avoir près de soi, pouvoir le toucher, l'ouvrir quand l'envie nous en prend, tomber sur un mot, comme ça, et finalement lire le poême...
    Ca fait longtemps, aussi, que je ne l'ai pas rouvert... J'ai une vieille édition de 1950 qui commence à vieillir !! (je n'ose plus trop le toucher, c'est dommage!)
    Très bonne "aventure", si tu le rouvre.
    Et merci beaucoup pour ton commentaire ;)

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