mardi 8 février 2011

C'est une chose étrange à la fin que le monde.

Il est de ces livres dont vous savez, profondément, qu'ils sont faits pour vous, et dont les auteurs vous semblent proches... Comme de vieux amis avec qui vous auriez conversé, par un long soir d'été...
Et Jean d'Ormesson semble faire partie de ceux-là...
Et son livre "C'est une chose étrange à la fin que le monde", lorsque vous l'avez entre les mains, vos yeux suivant inlassablement les lignes, vos mains tournant les pages noircies, vous semble alors comme un long dialogue que vous auriez pu avoir sur la terrasse d'un mas, en profonde Provence, après quelques verres d'un vin rougeoyant...

"Qu'est-ce que la vie et d'où vient-elle? Comment fonctionne l'univers? Pourquoi y a t-il quelque chose au lieu de rien? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s'effrorcent de répondre à ces questions.
L'histoire s'est accélérée depuis trois ou quatre siècles. Nous sommes entrés dans l'âge moderne et postmoderne. La science, la technique, les chiffres ont conquis la planète. Il semble que la raison l'ait emporté. Elle a permis aux hommes de remplacer les dieux à la tête des affaires du monde.
Où en sommes-nous aujourd'hui? Dieu est-il à reléguer au musée des gloires étrangères et des puissances déchues? La vie a-t-elle un sens ou est-elle une parenthèse entre deux néants? Est-il permis d'espérer quoi que ce soit au-delà de la mort?
Avec les mots les plus simples et les plus clairs, avec une rigueur mêlée de gaieté. Jean d'Ormesson aborde de façon neuve ces problèmes de toujours et raconte au lecteur le roman fabuleux de l'univers et des hommes."
(Editions Robert Laffon.)

J'ai rencontré Jean D'ormesson, à la première page de son livre : "Un beau matin de Juillet, sous un soleil qui tapait fort, je me suis demandé d'où nous venions, où nous allions et ce que nous faisions sur cette Terre."
Dans son Prologue, j'ai suivi un homme empli de connaissances, qui m'a raconté l'Histoire des hommes, de leurs questionnements, des réponses (parfois fausses) à leurs angoisses, des grandes découvertes qui ont changé leur monde, ne le rendant pas moins mystérieux pour autant...
Comme un professeur aguerri, Mr d'Ormesson m'a expliqué (ici dans le désordre) l'Egypte Ancienne, Platon, Newton, Copernic, Darwin, Hubble, Einstein... Mais avec les mots que je comprenais, enfin...
Oui, Jean d'Ormesson m'a apporté la science avec les mots que j'aime, ceux qui me font rêver, aimer, ressentir. Et alors j'ai accédé à la science comme à une source inépuisable de savoirs... Je me suis abreuver à cette source, ai aimé boire cette eau, et ai hâte, aujourd'hui, d'en avoir davantage, avec d'autres guides...
En même temps qu'il m'expliquait le savoir, dans son Prologue, Jean d'Ormesson pointait son doigt vers le mystère...
En même temps qu'il m'expliquait ce que nous connaissions, il me donnait à voir ce que nous ne savions pas...
Angoisse et bonheur...
Peur et apaisement...
De savoir que le monde garde sa part d'inconnu, de ne pouvoir toucher l'infiniment petit, de ne pouvoir penser l'infiniment grand...
Et alors que j'étais en train de m'ébahir devant l'Homme et ses découvertes, Jean d'Ormesson me faisait lire "Le rêve du vieux"... Je comprenait alors que nous ne connaissions rien, surtout pas la réponse à notre plus grande angoisse : la mort, le néant, Dieu...
...
Après que nous ayons conversé ensemble sur le monde et qu'il m'ait offert ses connaissances, j'ai pu, alors, connaître Jean d'Ormesson.
Il me parlait des hommes, ponctuait ses chapitres en me parlant de lui... Nous nous sommes questionnés, ensemble sur "un monde inépuisable", sur le présent, l'avenir, le passé, l'homme... Abordant une de ces questions par chapitre, tentant d'y répondre, en vain.
L'auteur me présente tous ces gens, qui ont tenté, passé leur vie, souffert parfois, à chercher les réponses.
Certains dans la Science, d'autres dans la Théologie, d'autres encore dans les Lettres...
Et au lieu d'avoir un insipide résumé d'Histoire ou de Science, j'étais face à des rencontres... Avec un temps, avec des gens, avec une histoire, avec des hommes...
...
Enfin, à travers ces questions, j'ai compris l'homme qui les posait. Un homme simple, une homme de Lettres et de Science ; mais que ces Lettres et cette Science ne sauveront pas de la Mort, dame invisible et immortel, rencontre immuable, calme imperturbable...
C'est dans une troisième partie que nous en avons parlé...
Comme si la soirée passant et la Lune montant lentement dans le ciel, l'ivresse et la fatigue amenaient aux confessions... Comme si après avoir discuté, bu, mangé, pensé, nous nous connaissions alors suffisamment pour parler de cette question, si humaine et tellement intime à la fois.
Et alors que mes yeux parcouraient ces lignes, je me suis sentie rassurée. J'ai compris la vision de cet homme qui a tellement aimé la vie que la mort lui semble comme bienvenue...
La vision de cet homme qui accepte, plus qu'il ne comprend.
Le mystère n'est pas et ne sera pas, percé...
...
J'ai alors fermé "C'est une chose étrange à la fin que le monde" et ai médité ce titre...
J'ai éteint la petite lampe trônant sur ma table de chevet et me suis allongée, tranquillement, en regardant les lumières de la ville défiler sur le plafond de la chambre.
Bien-être.
Je n'avais aucune réelle réponse, mais je ressentais.
Je sentais la vie sur ma peau.
Un souffle contre ma joue.
Et fermais les yeux. Tranquillement.
...
J'aimais encore davantage cette vie.
...
Merci Mr d'Ormesson !


Rose

et hop, ce livre sera "mon livre au choix" pour le challenge V&S Abfa.

2 commentaires:

  1. Waow....Très très joli billet Rose!
    J'aime beaucoup ce que tu écris! ^^

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  2. Merci beaucoup Melle... Ca me touche beaucoup, vraiment...

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