vendredi 5 octobre 2012

La Maîtresse de Rome.

*Ou amour, sang et politique antique subtilement dosés*

"Jeune esclave juive soumise aux caprices de l'arrogante Lepida Pollia, sa maîtresse, Théa connaît pour la première fois le bonheur dans les bras du gladiateur Arius le Barbare, la nouvelle coqueluche de Rome. Mais leur idylle attise la jalousie de Lepida, qui s'emploie de son mieux à les séparer.
Cette dernière n'est pas le seul obstacle à se présenter sur la route des deux amants. Grâce à ses talents de musicienne, la belle Théa ne tarde pas à être remarquée de l'aristocratie romaine..."

Jeux de cirque, banquets, orgies, complots... Dans cette formidable saga antique, Kate Quinn fait revivre avec panache l'univers dépravé et sanglant de la Rome du Ier siècle."

Éditions Presse de la Cité.



Voilà plusieurs mois, j'ai remarqué ce livre, du coin de l’œil, pour finalement l'acquérir il y a quelques semaines.
Malgré tout, une petite appréhension me soudait l'estomac et m'empêchait d'ouvrir La Maîtresse de Rome : ce livre ne serait-il pas de la romance cachée, ma pire ennemie ?
La partie "romantique", voire sexuelle du livre ne prendrait-elle pas 80 % de ces 535 pages, sous couvert de soi-disantes intrigues politiques?
Finalement motivée à découvrir par moi-même ce qu'il en était, j'attaquai les 100 premières pages (avec un peu de difficulté j'en conviens), et le couperet tombait : il s'agissait effectivement d'une "romance cachée" !
"Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?"

(L'occasion valait bien quelques vers du Cid !)

En bref donc, ces pages me contaient l'histoire de l'esclave Théa, et de son amoureux-gladiateur Arius. On me confiait leur difficulté à s'aimer et la vilenie de Lépida, la maîtresse de Théa.
Une fois les personnages posés, cela commençait à devenir ennuyeux...
C'est alors qu'au moment où je commençais à m'interroger sur l'utilité de ce livre, je tombai sur l'avis de Plume de Cajou. où elle nous explique de façon fort convaincante, qu'il ne faut pas se fier aux 100 premières pages du livre, et qu'il convient de persévérer car l'histoire est excellente.
Ni une ni deux, je repris le livre en main, bien décidée à comprendre ce qu'il avait de si exceptionnel...

Et là...

Tout s'enchaîne subitement.
L'auteure nous emmène dans une saga rocambolesque, laquelle nous fait tour à tour frétiller, frissonner, trépigner d'impatience, serrer des dents et taper du poing.
Kate Quinn n'épargne pas un instant ses personnages, les effusions de sang ne sont pas rares, et certaines scènes frisent l'érotisme.
Mais toujours, toujours, avec subtilité.

Si les aventures et intrigues sont romancées, la base historique est réelle (le règne de Domitien), et s'appuie sur des écrits et recherches concrètes (une petite explication sur les personnages est d'ailleurs donnée à la fin du roman).
Ainsi, en même temps qu'un excellent et prenant moment, ce roman est également l'occasion de mieux comprendre cette époque (qui, pour ma part, m'était quelque peu inconnue, mise à part sous l'angle artistique) ; de connaître ses mœurs (saviez-vous que les femmes se vernissaient déjà les ongles?) et de plonger dans son étouffante chaleur estivale, dans sa palette d'odeurs citadines, ou dans la liberté, très avant-gardiste, de ses femmes...
Kate Quinn parvient très habilement à nous emporter dans cet univers, fait d'or, de tissus, d'esclaves et, bien-sûr, de jeux antiques (j'ai d'ailleurs été éberluée d'apprendre qu'il existait des "naumachies" (cf explications) pendant lesquelles on remplissait une arène d'eau, pour y faire combattre des navires emplis de gladiateurs... (ils sont fous ces romains !))

La naumachie, tableau d'Ulpiano Checa (1894).

En plus de l'aspect historique indéniablement prenant, l'auteure a composé des personnages attirants et intriguants, tantôt fous, possédés, suicidaires ou rongés par la culpabilité, tantôt vaniteux, égocentriques ou violents...
Lépida, par exemple, est de ces créatures qui nous font serrer de dents, tourner les pages rapidement et espérer une fin mortellement douloureuse !
(Il est possible que ce roman m'ait rendue quelque peu sanguinaire ^^.)

En définitive les ingrédients d'un roman prenant sont là, parfaitement dosés. 
Le cadre, bien qu'il soit antique, paraît finalement assez contemporain (j'aime à comparer les jeux que mettaient en place les empereurs afin de distraire le peuple des faramineux impôts prélevés, à la téléréalité actuelle... Mais ceci est une autre histoire ^^.)
L'écriture, sans être exceptionnelle, est rythmée, adroite, et sans gros défauts (malgré une certaine réticence dans les premières pages, les changements de narrateurs ne m'ont finalement pas dérangée).

Je tiens, enfin, à noter que la traduction et la correction sont de qualité, ce qui est fort agréable alors que les trois derniers livres à mon actif contenaient de nombreuses coquilles ...




Pour info, la Saga contient trois tomes, mais ceux-ci ne suivent pas les mêmes personnages (nous avons donc droit à une vraie fin, pour ce tome 1).

Le deuxième tome, Daughters of Rome, s’intéresse, lui, à quatre femmes (dont certaines apparaissent fort manipulatrices) et se tient pendant "L'année des 4 empereurs".

Quant au dernier tome, Mistress of Rome, il reprend trois personnages du tome 1 dont Trajan, devenu empereur.


 Ces trois tomes peuvent d'ailleurs être lus dans le désordre. C'est en tout cas ce que disent la plupart des lectrices américaines...
Le deuxième opus est prévu pour le début de l'été 2013, aux Editions Presse de la Cité.
Cependant, pour les anglophones, les trois tomes sont disponibles en anglais (papier ou e-book) pour un prix assez modique.
De mon côté, il est fort possible que je poursuive cette saga en anglais. Un coup de cœur est rarement patient ;-)

Infos Pratiques : 
- Le site de l'auteure.
- Le Livre sur le site des Éditions Presse de la Cité.


9 commentaires:

  1. une critique qui donne envie! Je l'avais déjà repéré, mais je crois que je vais craquer!

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  2. Ravie de te faire craquer !!! lol
    J'espère que tu passeras un aussi bon moment que moi, avec cette lecture :-)
    Merci de ton passage par ici !

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  3. Oh La La, Rose, c'est avec BONHEUR (mouais sauf au début où j'ai flippé lol) que je viens de lire ton billet !! Waaaoouuhhh ça me rend toujours tellement heureuse que les lectrices apprécient autant que moi ce roman !
    Un magnifique billet qui rend grâce à La Maitresse de Rome !
    Bisous bisous <3

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  4. Je vais d'ailleurs te linker dans mon billet de ce pas !!

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  5. hiiiiiiiiii, Cajou !!! Je t'aimmeuu pour m'avoir remotivée grâce à ton billet !! <3 ! Je commençais vraiment à me demander ce que j'avais entre les mains ^^
    Bon, j'hésite à me le prendre en VO, d'ailleurs !! Tu n'as pas encore succombé toi??

    Bisette ! (et merci pour le link ^^)

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  6. C'est vrai que je me suis posé des questions aussi pendant les 100 premières pages mais la suite est vraiment bien même si la romance reste bien présente. Mais c'est une très belle histoire avec des gentils et des très méchants qu'on adore détester (surtout Lepida).

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    1. OMG Lépida !!!! Pendez-la, ébouillantez-là, coupez-lui la tête !! (oui, elle éveille des pulsions un peu violente !! Comme quoi, l'auteure a réussi son pari : un vrai méchant, y'a que ça de vrai :) )

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  7. J'ai adoré ce livre, merci pour tes précisions sur les prochains tomes qui rejoindront ma pal ^^

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    1. Avec plaisir ! Cela dit, il faut que je mette à jour ces précisions, car le tome 3 est sorti en VF il y a quelques semaines (mais le tome 2, lui n'est pas encore dispo )
      Bonne lecture !

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